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mercredi 26 mai 2010

Iron Man 2

2 Iron men.

Réalisé par : Jon Favreau
Avec : Robert Downey Jr., Don Cheadle, Mickey Rourke
Durée : 117 min
D'après le comic Iron Man de Stan Lee

Tony Stark, alias Iron Man, dont l'identité secrète a été révélée au monde à la fin du premier volet, coule des jours heureux et glorieux, mais subit la pression du gouvernement pour livrer le secret de son armure à l'armée. Pendant ce temps, en Russie, un paria prépare sa vengeance contre la famille Stark.





Iron Man premier du nom avait réussi à apporter un vent de fraîcheur sur le monde toujours plus florissant des adaptations cinématographiques de comic books avec son anti-héros flambeur, égoïste, mégalo, bref méprisable mais bougrement sympathique malgré cela. On avait regretté toutefois l'absence de méchant charismatique, et Dieu sait s'ils sont importants dans les univers bigarrés de Marvel. La moindre des choses était de rectifier le tir dans ce deuxième épisode.

C'est à croire que Jon Favreau avait mis cette condition en haut de son cahier des charges ; avec ses longs cheveux grisonnants et sa silhouette imposante, Mickey Rourke irradie une sauvagerie majestueuse et apparaît dans toute sa splendeur pendant le Grand Prix de Monaco, incontestablement le moment le plus réussi du film. Plus bavard, mais aussi plus intelligent, le film se paye le luxe de titiller l'armée américaine avec un sous-texte politique timide, mais parfois étonnant (cf. Tony Stark qui clame "J'ai privatisé la paix mondiale !" (!))

Le reste du temps, Iron Man 2 se repose sur ses acquis. Tony Stark est toujours aussi divertissant, les nouveaux personnages ont pour seul mérite d'être interprétés par des stars internationales, et le scénario ne prend guère de risque en suivant consciencieusement son canevas très balisé. Mais ne soyons pas rabat-joie ; malgré un final décevant, ce deuxième volet se hisse au niveau de son aîné et confirme que la franchise Iron Man a encore de beaux jours devant elle.


Sentence : 3/5

dimanche 16 mai 2010

Ichi the Killer

Le goût du gore simple.

Titre original : Koroshiya 1
Réalisé par : Takashi Miike (2001)
Avec : Tadanobu Asano, Hiroyuki Tanaka
Durée : 129 min
Adapté du manga Koroshiya 1 d'Hideo Yamamoto

Un tueur mystérieux, davantage versé dans la boucherie sans nuance que dans l'assassinat silencieux, sévit dans les rangs de la mafia japonaise.






Parmi les grands pontes du cinéma underground japonais se trouve le bien nommé Takashi Miike, qui conjugue le cinéma d'horreur selon ses envies (selon ses pulsions, devrait-on dire), enchaînant film d'atmosphère subtil et étouffant (Audition, son moyen-métrage de Three... Extremes) et vaste exposition de tripaille décomplexée.

Incontestablement, Ichi the Killer, considéré comme une oeuvre majeure du cinéaste, fait partie de la deuxième catégorie. Il faut dire que le sujet se prête bien au genre : rares sont les films qui mettent en scène des yakuzas et ne colorent pas votre écran de rouge. Au programme : une vraie cour des miracles de la cruauté, où l'ultra-violence est normalisée et les comportements les plus pervers banalisés. Le film est basé sur la relation d'opposition très "mangaïsante" entre Ichi, l'anti-héros et assassin complexé qui a tendance à croire que découper les gens en petits morceaux c'est, quelque part, leur rendre service, et Kakihara (Impérial Tadanobu Asano), un chef de gang masochiste au charme vénéneux, excité comme une puce à l'idée de tomber entre les mains de son Némésis.

Derrière ce pitch maigre comme un clou se cachent deux (très) longues heures qui ne lésinent pas sur les litres de sang artificiel et valent essentiellement le détour pour le travail titanesque des maquilleurs et créateurs d'effets visuels, bluffants d'ingéniosité et d'efficacité.

Car on voit tout, dans Ichi the Killer. Takashi Miike se paye le luxe d'opérer quelques virages vers le torture-porn qui raviront les amateurs du genre. Les autres s'ennuieront 80% du temps devant un scénario brouillon qui avance à tâtons et se repose sur son univers décalé et son personnage principal, Kakihara, véritable colonne vertébrale du film. C'est dommage que Takashi Miike ait réservé toute son inventivité pour les scènes de torture (qui, pour le coup, sont inventives !) ; le reste du film aurait bénéficié de quelques bonnes idées, car ce ne sont pas les fiches psychanalytiques de supermarché des personnages qui vous sortiront de votre torpeur.


Sentence : 2/5

vendredi 16 avril 2010

Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec

Rencontre avec Tardi.

Ecrit & réalisé par : Luc Besson
Avec : Louise Bourgouin, Gilles Lellouche, Jean-Paul Rouve, Mathieu Amalric
Durée : 107 minutes


Difficile d'avoir des a priori sur Luc Besson. Les scénarios qu'il écrit et les films qu'il produit pour d'autres (les fameuses "Bessonades") sont tous... disons d'une qualité inégale (la bienséance m'interdit d'exprimer le fond de ma pensée). En revanche, les projets qu'il tient à réaliser lui-même sont souvent assez réussis, et prennent la forme de purs films de divertissement, au sens noble du terme. C'était donc, a priori, le réalisateur le mieux placé pour faire de la célèbre bande dessinée de Jacques Tardi un film aventureux, rythmé, explosif.




Inutile de détailler ici le synopsis ; le titre est suffisamment éloquent : Adèle Blanc-Sec, jeune archéologue de génie au caractère de cochon, s'apprête à vivre d'extraordinaires aventures dans ce qui s'annonce déjà être une trilogie.
Malheureusement, le film est loin de tenir toutes ses promesses. Déjà, les "Aventures extraordinaires" se résument à quelques éléments empruntés au fantastique, et à un court séjour en Egypte. Le reste du temps, l'intrigue se déroule à Paris et s'embourbe dans de vaines considérations que l'humour pataud peine à faire décoller.
Le début était pourtant très prometteur : la scène d'introduction est particulièrement réussie, et projette instantanément le spectateur dans l'univers détonnant de la bande dessinée.
Cependant, le scénario est comblé de faiblesses : les tentatives d'humour, nombreuses, font rarement mouche, l'action et les rebondissements sont prévisibles, le rythme est lent, le style, maladroit. Car la mise en scène ne sauve en rien du naufrage ce scénario indigeste : la réalisation est très formatée, parfois vulgaire, toujours convenue et impersonnelle. Ajoutez à cela une bande originale, franchement envahissante, qui vient ponctuer chaque petite blague d'une note de musique, et vous aurez l'impression d'être devant une vaste sitcom décalée à gros budget.
Un très bon point toutefois, qui mérite d'être souligné : les maquillages et apparences des différents personnages sont remarquables, et créent une atmosphère unique, très bande dessinée (ça tombe plutôt bien), et l'ensemble est sublimé par une direction photo d'excellente qualité. Chaque personnage est un tableau à lui tout seul, grotesque ou raffiné (mais plus souvent grotesque tout de même). On tombe immédiatement sous le charme de cet univers abracadabrant, qui renferme pourtant un potentiel énorme, que Luc Besson n'a pas su exploiter, du moins pour ce premier volet.
Les aventures extraordinaires d'Adèle Blanc-Sec n'est donc pas le film d'aventure décomplexé qu'on nous promettait, mais plutôt un divertissement populaire assez peu subtil et franchement malhabile, la faute à un scénario et une mise en scène peu inspirés.

Sentence : 1,5/5