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samedi 10 juillet 2010

Petits meurtres à l'Anglaise

"Je dis. Ce ne sont pas des gentilhommes."

Titre original : Wild Target
Réalisé par : Jonathan Lynn
Ecrit par : Lucinda Coxon, Pierre Salvadori
Avec : Bill Nighy, Emily Blunt, Rupert Grint
Durée : 98 min
D'après Cible émouvante de Pierre Salvadori (1993)

Victor Maynard, 54 ans, est tueur à gages. Mais pas n'importe quel tueur ; il est le meilleur dans sa profession, comme son père et son grand-père avant lui. Un nom, une photo, et la cible est morte dans la journée. Enfin, c'était vrai jusqu'à ce qu'on lui demande d'abattre Rose, une jeune cleptomane et arnaqueuse pour qui il se prend d'affection.






Cela faisait sept ans qu'on avait pas entendu parler de Jonathan Lynn ni de ses comédies dont l'impertinente légèreté est devenu une marque de fabrique. C'est d'une manière un peu fortuite qu'il revient sur le devant de la scène (enfin, façon de parler), puisque Petits meurtres à l'Anglaise est le fruit d'une conversation probablement anodine entre le producteur Martin Pope et son ami Philippe Martin, ancien producteur de Cible émouvante qui, entre deux verres, lui a parlé de cette histoire sans queue ni tête. "Hey, why not ?" s'est alors dit Martin Pope, qui s'est empressé d'envoyer une cassette du film original à Lucinda Coxon, qui a dû se débrouiller avec cela pour écrire une histoire cohérente, histoire qui a fini, d'une manière ou d'une autre, dans les mains de Jonathan Lynn. Et ce mélange improbable de coups de poker et de bouts de ficelle s'appelle Petits meurtres à l'Anglaise, et pour une comédie sans prétention, il est bigrement réussi.

La clé de sa réussite se trouve dans le titre. Comment faire un bon remake anglais d'un bon film français ? En l'assaisonnant à l'Anglaise. C'était plutôt simple, quand on y pense. Seulement, il fallait trouver la bonne personne pour orchestrer tout cela. Incontestablement, Lynn est la bonne personne. Du protagoniste aux décors, en passant par les accessoires et les figurants, TOUT porte la couleur de l'humour anglais, de la première seconde à la dernière. Jonathan Lynn élève une atmosphère aérienne qu'il laisse en suspens et ne fait jamais redescendre, pas même - surtout pas - aux moments de tendresse ou de suspense. Le climat éternellement bouffon et invraisemblable de Petits meurtres à l'Anglaise est son plus grand charme, avec Bill Nighy, toujours aussi à l'aise dans les rôles de dandy anglais maniéré.

Que dire du reste ? Le scénario est classique, mais efficace, les dialogues sont fins, et les personnages savoureux. L'humour fait systématiquement mouche, bref, Petits meurtres à l'Anglaise est une très bonne surprise dont la seule prétention est de nous faire rire, avec panache.


Sentence : 3,5/5

samedi 8 mai 2010

Defendor

Pas tueur né, juste benêt.

Ecrit & réalisé par : Peter Stebbings
Avec : Woody Harrelson, Kat Dennings, Elias Koteas
Durée : 101 min

Arthur Poppington est un simple d'esprit convaincu d'être un super-héros. La nuit (et parfois le jour...) il devient Defendor et combat le crime, avec plus ou moins d'efficacité. Son but : traquer et dénicher un Némésis qu'il s'est inventé, Captain Industry.






Sorti dans une salle à Los Angeles, directement en DVD partout ailleurs, c'est finalement une bonne chose que Defendor se soit fait discret, tant il aurait souffert de la comparaison avec Kick-Ass. Le principe du film rappelle furieusement le comic-book de Mark Millar : un homme simple (en l'occurrence carrément simplet), sans pouvoir, se met en tête de combattre le crime.

L'idée, plutôt séduisante, montre toutefois très vite ses limites, et sombre dans la facilité. Car oui, c'est facile de faire rire avec un simplet qui joue aux super-héros. C'est facile de s'attacher à un benêt honnête et généreux. C'est facile d'écrire l'histoire de Defendor.

Il y a deux choses à savoir sur les super-héros :
-Ils sont à la mode. Ca, Peter Stebbings l'a compris. Nous aussi d'ailleurs.
-Il faut renouveler le genre. Ca, Peter Stebbings pensait l'avoir compris, mais en réalité, il ne trompe personne.
Car il ne suffit pas de sortir un Forrest Gump justicier pour faire un film original. L'écriture des personnages est grossière et déjà vue mille fois : Arthur Poppington a été élevé par son grand-père (pas de figure parentale solide = un personnage qui ne grandit pas), et la jeune prostituée qui devient son amie (son amante ?) est une jeune fille paumée qui entretient une relation conflictuelle avec son père et trouve du réconfort auprès d'Arthur, le seul à faire preuve de gentillesse à son égard. Gnan-gnan-gnan.

En fait, Defendor s'essouffle avant même d'être parti : les gags ne se renouvellent pas, le protagoniste est très limité (dans tous les sens du terme), les enjeux sont inexistants et les situations prévisibles. Le film de Peter Stebbings est une bouillie moralisatrice. Et de la bouillie super-héroïque, c'est toujours de la bouillie.


Sentence : 1,5/5