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jeudi 15 juillet 2010

Toy Story 3

Rien à faire, plus c'est grand, plus c'est con.

Réalisé par : Lee Unkrich
Ecrit par : John Lasseter, Andrew Stanton, Lee Unkrich
Avec : Tom Hanks, Tim Allen, Michael Keaton
Durée : 100 min

Andy a 17 ans, et il va rentrer à l'université. Sale période pour Woody, Buzz et compagnie, qui moisissent au fond d'un coffre et se préparent à aller au grenier. Par accident, c'est à la garderie Sunnyside qu'ils atterrissent, où ils se rendent compte que le grenier n'était peut-être pas une destination si terrible en fin de compte.






Toy Story 3 n'est pas seulement une aventure supplémentaire pour Woody et Buzz, comme le fut son prédécesseur. Des thèmes plus graves sont abordés dans cet opus, tels que le temps qui passe et qui fait s'effilocher des amitiés autrefois solides, la nécessité de changer de vie, d'avancer après un bouleversement. Après avoir lu ces quelques lignes, vous allez vous dire "Hein ? Pixar donne dans le drame maintenant ?". Non, rassurez-vous, la franchise Toy Story n'a rien perdu de son efficacité à faire stimuler les zygomatiques. Non seulement ils sont toujours aussi drôles, mais en plus ils se payent le luxe d'ajouter une vraie profondeur à leur histoire, comme ils en ont l'habitude depuis quelques années déjà.

Il faut dire qu'on les attendait au tournant. N'oublions pas que Toy Story est le premier Pixar, celui qui les a immédiatement propulsés au rang des nouveaux papes du divertissement pour enfants (et adultes), le seul aussi qui ait bénéficié de suites. Eh bien... Que dire ? L'excellent court-métrage Day & Night donne le ton : les gars de chez Pixar n'ont rien perdu de leur inventivité, au contraire, ils en ont à revendre. L'animation est irréprochable (il faut voir Buzz danser la salsa... Tout simplement bluffant), le scénario est intelligent, fin, surprenant et bourré de bonnes idées. Soyons clairs : Toy Story 3 est à l'imagination ce que La cité de la peur est au gag. Très rarement, on s'aperçoit avec un léger dépit que certains gags ont été repris des précédents épisodes, mais on ne peut s'empêcher de penser qu'il s'agit plus de clins d'oeil que de coups de flemme. C'est tendre, malin et drôle. What else ?

Maintenir un tel niveau sans avoir planifié de trilogie était une gageure, mais Pixar semble au-dessus des règles et des statistiques, au-dessus de la tyrannie de l'argent. Shrek 4 peut aller s'enfouir dans son marais. Chaque année, Pixar se rapproche un peu plus de l'âge d'or de Disney et paraît l'avoir atteint aujourd'hui. Plus mature que Toy Story 1, plus intelligent et sensible que Toy Story 2, Toy Story 3 est peut-être bien le meilleur épisode de la série. Andy a grandi, Pixar aussi, cela ne fait aucun doute.


Sentence : 4/5

samedi 15 mai 2010

Cronos

La vie éternelle, c'est nul.

Ecrit & réalisé par : Guillermo Del Toro (1993)
Avec : Federico Luppi, Ron Perlman, Claudio Brook
Durée : 94 min

Au 16e siècle, un alchimiste découvre le secret de la vie éternelle. Quatre siècles plus tard, un antiquaire trouve un petit appareil en forme d'araignée, et l'utilise involontairement. Le lendemain, des rides ont disparu, ses traits sont plus tirés : il rajeunit, mais à quel prix ?





Récompensé par neuf Arieles (l'équivalent des Césars au Mexique), Cronos surprend par la maîtrise technique dont fait preuve Guillermo Del Toro, dont c'est le premier film, à défaut d'être audacieux. Dès le départ, le réalisateur mexicain, ex-créateur d'effets visuels, distille ses thèmes favoris dans cette variation du sempiternel thème du vampire - l'enfant confronté au fantastique, la superposition du surnaturel et du réel.

Deux thèmes qu'il met ici au service d'un des plus anciens fantasmes humains, la vie éternelle, plutôt que la transformation en vampire, terme qui n'est jamais mentionné dans le film. Evidemment, le spectateur n'est pas dupe, Guillermo non plus : le vieil antiquaire rajeunit, craint la lumière du jour et doit se nourrir de sang humain, il a donc tout du vampire sauf le nom.

Sujet passionnant et maintes fois abordé au cinéma, le thème de l'immortalité et du vampirisme en tant que malédiction requiert aussi finesse et maturité d'écriture, deux conditions qui ne sont malheureusement pas remplies par le cinéaste alors jeune. Scénario mécanique, mise en scène un peu plan-plan mais sublimée par une excellente gestion de la lumière, ses petits défauts de forme ne sont que pécadilles comparés à l'écriture, volontaire mais maladroite.

Le film repose sur des relations binaires, dont Jesus Gris (le protagoniste, impeccable Federico Luppi) est le pivot : complicité entre un grand-père et sa petite-fille, amour entre un mari et son épouse, opposition entre un moribond cherchant l'immortalité à tout prix et un homme simple qui en est la victime. Sujet qui rappelle farouchement Entretien avec un vampire (Neil Jordan, 1994), et qui mériterait deux bonnes heures à lui tout seul, mais que Guillermo Del Toro n'aborde qu'en surface, préférant consacrer l'autre moitié de Cronos à la relation entre Jesus et sa petite-fille Aurora, la seule qui soit au courant de sa condition. C'est dommage, car sur ce point, il ne convainc pas et tente, à grands renforts de violons larmoyants, de créer l'émotion. L'hubris, l'immortalité pour un vieillard fatigué de vivre ; ces deux thèmes bouillonnants ne sont que timidement effleurés, peut-être par manque de maturité. On ne retiendra de Cronos que ses bonnes intentions et son scénario série B assez prenant.


Sentence : 2,5/5